Peut-on être addict au sexe ?

Le sexe ou même la sexualité demeure souvent un sujet tabou dans la société. Il l’est d’autant plus lorsqu’on touche à la question de l’addiction ou de la dépendance. L’expérience a néanmoins prouvé que le sexe, tout comme l’alcool ou les substances psychoactives, peut aussi mener à des comportements pathologiques aux conséquences tout aussi dévastatrices. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’addiction au sexe dans cet article.

Addiction sexuelle : comment la reconnaître ?

Comme pour toute pathologie, il est difficile de définir précisément le moment où cela devient problématique. Il n’existe pas de limite claire au nombre de fois qu’il faille pratiquer une activité sexuelle. Cependant, les spécialistes s’accordent globalement sur le fait qu’au plus trois ou quatre rapports sexuels par jour suffisent à l’être humain. Lorsque le besoin sexuel se fait plus fréquent, on peut légitimement parler d’une addiction.

L’addiction au sexe se manifeste par des pensées récurrentes et envahissantes concernant la pratique sexuelle. Attention toutefois, comme tout comportement addictif, il n’y a pas de jauge. Tout d’abord, nul n’est égal devant la sexualité ou le potentiel sexuel. C’est important de le rappeler. Ensuite, c’est la nature obsessionnelle d’une activité, voire sa graduation vers une recherche éperdue du « toujours plus » qui est le marqueur mais, par dessous tout, quand cette activité vient à nuire à la stabilité sociale, émotionnelle, psychologique et/ou physiologique de l’individu. En sociologie, la dimension sociale de ces marqueurs des comportements dits addictifs rendent la définition de l’addiction encore plus sensible.

Des Symptômes

La personne atteinte de forte dépendance dans le domaine sexuel éprouve un besoin compulsif de passer à l’acte de manière répétée et rapprochée. Comme toute dépendance, celle-ci va souvent induire un désintérêt, voire de la négligence envers ses amis, ses loisirs et même de son travail.

On peut aussi détecter chez l’addict au sexe des accès à la masturbation compulsive. Selon certaines études, cela toucherait en effet 70 % des personnes atteintes de la pathologie. La priorité chez elles n’est pas le contact avec un ou une partenaire, mais l’autosatisfaction de leur besoin/pulsion irrésistible. En outre, quand elles en ont les moyens sociaux, elles sont très sujettes au syndrome du Don Juan et passent leur temps à changer de partenaires sexuels. Enfin, un addict au sexe peut se reconnaître à un vif intérêt pour la pornographie. Avec l’avènement du cybersexe ou online sexe, ce phénomène a considérablement pris de l’ampleur.

Conséquences d’une addiction sexuelle ?

En raison du déni de sa condition, une personne addict au sexe se rend compte généralement trop tard des conséquences de son comportement. L’addiction sexuelle est souvent à l’origine de la naissance d’un sentiment de honte et de culpabilité. C’est, encore une fois, une caractéristique de nombreuses addictions quand la personne s’y trouve totalement plongée. Face au désespoir de sortir un jour de cette situation, il peut être davantage porté vers des états dépressifs et, dans des cas extrêmes, vers le suicide.

Souvent, l’individu ne peut vivre une relation de couple saine, car très vite ses vieux démons le hanteront et le mèneront à une série de ruptures. L’addiction au sexe est également très coûteuse financièrement. Il faut un certain train de vie pour passer de partenaire en partenaire. Parallèlement, un addict au sexe a de fortes chances de contracter une maladie sexuellement transmissible et de mettre sa santé et celle de son conjoint en péril.

Comment la soigner ?

L’addiction au sexe peut difficilement être vaincue sans aide extérieure. Pour cela, il importe d’engager un dialogue avec un médecin généraliste et un psychiatre pour s’enquérir de la ligne à suivre pour rompre avec ses habitudes. On retrouve dans certains pays des centres spécialisés chargés de résoudre les problèmes d’addiction au sexe.

Il faut noter que le social, là encore, s’en mêle pour brouiller les pistes. D’une certaine façon, il est plus facile de se rendre compte qu’on a un problème en ayant une dépendance à une substance illicite quand on a pas forcément les moyens de l’acquérir ou quand elle entraîne de violentes sensations de manque. Dans une société qui souvent valorisera la conquête notamment pour l’homme, la course à la sexualité ne sera pas forcément perçue comme pathogène. Elle ne le sera d’ailleurs pas, dans bien des cas, et sera même appréhendée comme quelque chose de naturel. Si, de surcroit, celui qui la mène en a les moyens, il n’aura pas forcément de ressentis problématiques. C’est toute la difficulté des addictions sans substance et de leur dimension sociale et relative. C’est le niveau de détresse de ceux qu’elles touchent qui en est l’indicateur.

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